Les Monts de Sigy

Samedi 10 février 2018. Plutôt que de rester cloîtrer pour échapper à la foule présente au centre ville de Rouen en ce dernier week-end de soldes, je préfère chercher le grand air. En plus il a neigé la veille. Évidemment, en Normandie, si la neige est rare (la dernière fois que j’en ai vu ici, c’était peu après mon arrivée, au début de l’année 2012 si ma mémoire ne me trahit pas), il est encore plus rare qu’elle tienne bien longtemps. Mais peut-être que dans la campagne je pourrais profiter de quelques étendues encore un peu blanchies. Et puis, j’ai envie de marcher. L’hiver est trop propice à la sédentarité qui commence à me peser sérieusement. D’autant plus que le mois de janvier ayant été particulièrement pluvieux, je ne suis guère sortie de la ville (à une exception près pour une escapade au Criel-sur-Mer).

Panorama sur le village de Sigy-en-Bray

La destination de Sigy-en-Bray s’est imposée de façon assez évidente. La randonnée d’une dizaine de kilomètres (sur le papier) est facile (ce qui est parfait pour une remise en jambe) et à moins de 40 kilomètres de Rouen. Je suis sûre de pouvoir la boucler avant la tombée de la nuit car bien que les jours rallongent, nous ne sommes toujours qu’au début du mois de février.

J’enfile mes chaussures de marche, glisse une bouteille d’eau dans le sac et c’est parti pour la première véritable balade de l’année. Le départ se fait depuis le parking de la mairie. Le soleil est de la partie pour un départ en douceur. Après quelques dizaines de mètres sur la route, le circuit s’engage entre les champs. Le chemin est en pente douce et à l’approche des bois, il offre un joli panorama sur le village.

La neige n’est pas restée uniformément mais elle donne son charme au parcours. Et tant pis pour les passages plus boueux ! Je n’ai pas pensé à mettre mes guêtres pour cette fois. Dommage pour moi mais seuls quelques passages sont difficilement praticables (en-dehors de la surprise qui m’attend en fin de parcours !)

Le panorama à l’entrée du Bois le Borgne.

L’entrée du Bois Le Borgne

À la sortie du bois, on découvre la ferme du Bois le Borgne. Et derrière le mur de clôture, son colombier, typique de la région, en brique et en silex. En s’avançant un peu, une ouverture permet d’avoir une vue d’ensemble sur les bâtiments de la ferme.

Le colombier de la ferme du Bois Le Borgne

La ferme du Bois Le Borgne.

La suite nous fait traverser le village avant de reprendre à travers champs et bois. Une fois sorti de ceux-ci, pas question de redescendre tout droit vers Sigy ! On prend à gauche, la route qui remonte le long de la colline. De là, on a un nouveau panorama. Sur le village mais aussi sur son environnement. Nous sommes en effet au cœur de ce que nous appelons la boutonnière du pays de Bray. Je vous invite à consulter cette page pour en savoir plus.

Panorama sur la boutonnière du Pays de Bray.

« La boutonnière du pays de Bray, échancrure en forme d’amande parsemée de petits reliefs, constitue une entité géographique qui se prolonge au sud en Picardie. Elle s’étire entre Beauvais et Dieppe dans une orientation nord-est/sud-ouest, sur 60 km de long environ dont 40 km en Haute-Normandie, pour 2 à 20 km au plus de large. En creux par rapport aux plateaux voisins, elle est entourée par le plateau picard, le pays de Lyons, le pays de Caux et le Petit Caux. Véritable château d’eau de la Seine-Maritime, la boutonnière est à l’origine de très nombreuses sources, qui se rejoignant, forment les vallées de l’Epte et de l’Andelle au sud-ouest vers la Seine, la vallée du Thérain au sud vers l’Oise et la vallée de la Béthune au nord en direction de la Manche. »

Ils vous proposent également un document expliquant les caractéristiques de cet espace géographique unique.

Après avoir profité du paysage, je reprends mon chemin… à travers champs et au sens propre cette fois. L’itinéraire emprunte un pré (apparemment vide ce jour-là, mais on veille tout de même à bien refermer les barrières après son passage). Et je fais face à mon premier passage vraiment sportif, entre les ronces et la boue… J’aurais mieux fait de passer en contrebas plutôt que de chercher impérativement à longer la clôture. Je finis tout de même par m’en sortir et à m’engager sur un chemin a priori, tout ce qu’il y a de plus tranquille… Avant qu’il ne se transforme en véritable ruisseau. Mes chaussures imperméables ont été utiles, mais cela ne m’a pas empêché de maugréer quand j’ai découvert d’où venait le problème : une dalle de béton a été installée pour permettre aux vaches de sortir du pré les pieds au sec (jusque-là, quoi de plus normal ?) mais aucun système n’a été prévu pour permettre à l’eau de continuer de s’écouler librement (pas de gouttière, de fossé…). Elle s’accumule donc derrière la dalle et avec la fonte de la neige, inonde le chemin.

Le début du chemin est parfaitement praticable avant de finir inondé en contre-bas.

Cette contrariété ne m’a pas empêché de m’arrêter pour observer le colombier de la ferme de Béthencourt (dont la date est visible au-dessus du linteau (à vérifier sur la photo?)) avant de poursuivre mon trajet. Aucun mur ne le dissimule. Si les matériaux mis en œuvre sont identiques au précédent colombier et tout à fait typiques de ce qui est utilisé localement, son décor lui, diffèrent. De plus, le premier niveau est plus sobre que le damier dessiné au second.

Le colombier de la ferme Béthencourt.

La balade touche presque à sa fin. Il reste la traversée de l’Andelle (qui débouche sur un ancien moulin, joliment restauré) et nos pas me ramènent sur Sigy. On revient à notre point de départ en ayant vue sur le chevet de l’abbatiale romane Saint-Martin-et-Saint-Vulgain (fondée au XIe siècle).

L’Andelle

Un ancien moulin, aujourd’hui habitation privée.

Ayant déjà photographié cette dernière sous de nombreux angles à l’occasion de mon passage en 2014, je ne me suis pas attardée cette fois-ci. D’autant moins que le soleil a été remplacé par de gros nuages et que la pluie commence à faire son grand retour.

L’église abbatiale de Sigy-en-Bray.

Au final, il m’aura fallu un peu moins de trois heures pour boucler cette petite randonnée (photos comprises) et le podomètre m’indique huit kilomètres. Même s’il a tendance à être un petit peu en dessous de la réalité, je doute tout de même avoir atteint les dix kilomètres indiqués. Quand les chemins sont secs, le parcours ne doit pas présenter de difficultés particulières (en espérant que les ronces soient entretenues. Je peux imaginer qu’en février ce ne soit pas nécessairement le cas compte-tenu du faible passage).

Bibliographie :

  • La Seine-Maritime à pied, Fédération Française de la randonnée pédestre, avril 2010 (itinéraire n°41).

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