La collégiale Saint-Martin, Candes-Saint-Martin, Indre-et-Loire (37)

Situé aux confins de l’Indre-et-Loire, Candes-Saint-Martin fait aujourd’hui partie des plus beaux villages de France. Le bourg est implanté à flanc de coteau, sur la rive gauche de la Vienne, à quelques pas de son confluent avec la Loire (aussi appelé « bec de Vienne »).

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Situé à une cinquantaine de kilomètres de Tours, c’est l’une des premières paroisses tourangelles. Son existence est attestée dès le dernier quart du IVe siècle. C’est ici que serait décédé son fondateur le 8 novembre 397, l’évêque Saint-Martin de Tours, asseyant ainsi la notoriété de la paroisse. Devenue lieu de pèlerinage, cette petite paroisse reçoit régulièrement la visite des rois de France dès le XIe siècle. Une collégiale s’élève dès le Moyen âge et son décor sculpté fait déjà la réputation de l’édifice. De plus, le château sert de résidence d’été aux archevêques de Tours.

Si l’appellation de collégiale perdure dans le langage courant, en réalité l’édifice a perdu cette fonction à la Révolution. L’église a toutefois conservé son statut de lieu de culte paroissial.

La construction de l’édifice actuel s’est étalé entre 1175 et 1250, remplaçant un édifice ruiné qui était voué à Saint-Maurice. Il est protégé au titre des Monuments historiques dès 1840. Son architecture est caractéristique du gothique angevin (aussi appelé « gothique de l’ouest »). Son décor sculpté et surtout, son portail monumental ouvert sur le flanc nord, en font l’un des plus beaux édifices religieux d’Indre-et-Loire. Sa singularité s’affirme encore par la présence d’éléments datant du XVe siècle qui en font une église fortifiée. L’une des rares que l’on peut trouver en Touraine.

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Candes-Saint-Martin et sa collégiale en 1699 (source : Gallica)

En arrivant par la route qui longe la Vienne, on ne peut qu’être marqué par l’imposant porche nord.Celui-ci donne directement sur la voie héritée de l’Antiquité. La fortification de l’édifice a dû s’avérer nécessaire pour répondre à l’insécurité liée à la guerre de Cent Ans. En effet, la limite mouvante entre les territoires contrôlés par les anglais et les français passe non loin de Candes.

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Au-dessus du portail, nous pouvons distinguez la bretèche (petit avant-corps plaqué en encorbellement sur un mur fortifié au Moyen âge, défendant par un flanquement vertical l’ouverture du mur)

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Le porche nord

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Bas-reliefs du porche nord

Les quatre tours fortifiées sont reliées par un chemin de ronde qui escalade les pentes du toit.

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Ces précautions n’ont pas empêché les troupes de Gabriel Ier de Montgommery d’incendier le chartrier de la collégiale en 1562, au début de la première guerre de Religion (1562-1563), détruisant les archives qui s’y trouvaient. Cette destruction est à l’origine des connaissances lacunaires de l’histoire de Candes et de sa collégiale au Moyen âge puisqu’il ne subsistent aujourd’hui que deux textes antérieurs au XIXe siècle et qui mentionnent son histoire. Deux séismes (en 1711 et 1840) ont également été responsables d’importants dégâts.

L’architecture de la collégiale s’adapte au relief naturel du coteau. C’est pourquoi elle est orientée du nord-ouest au sud-est. Sa longueur totale est de 41,80 m et sa largeur au niveau du transept est de 22,42 m. Bien qu’éclectique en raison de l’étendue de la période de construction, son style fait preuve d’une volonté d’harmonisation dans son ensemble. Le raccord de la nef au transept préexistant a obligé les concepteurs de l’édifice à élargir celle-ci vers le nord au dépend du collatéral de ce côté, comme cela apparaît nettement sur le plan schématique ci-dessous :

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J’avais commencé la rédaction de cet article en ayant l’idée de faire court, pour présenter un édifice modeste. Mes recherches m’ont rapidement montrée que j’avais en réalité à faire à un bâtiment dont l’histoire est particulièrement riche, au point de découvrir bien des détails qui m’ont échappé lors de mon (trop rapide) passage à Candes-Saint-Martin.

J’espère avoir l’occasion d’étoffer cet article dans le futur, notamment en m’attardant plus longuement sur l’intérieur de la collégiale et sur le détail des décors extérieurs. Mais en attendant cette hypothèse, je ne peux que vous conseiller la lecture de l’article présent sur Wikipédia,très complet et qui présente de nombreuses sources.

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Groupe sculpté à la base d’une ogive

Et pour voir la modeste galerie des photographies liées à ma visite, il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous :

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Cliquez sur l’image pour accéder à l’ensemble de la galerie

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