[Exposition] VIOLLET-LE-DUC, Les visions d’un architecte – Cité Chaillot – Du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015.

De retour de Paris où je me suis rendue pour voir deux expositions aux thèmes bien différents : Tatoueurs-tatoués au musée du Quai Branly (qui reste en place jusqu’au 18 octobre 2015) et Viollet-le-Duc, les visions d’un architecte, à la Cité de l’architecture, au cœur du Palais Chaillot, qui se termine le 9 mars prochain (il vous reste donc deux bonnes semaines pour aller la voir si vous passez par Paris). Si j’ai adoré les deux, c’est évidemment de la seconde, que j’ai attendu de nombreux mois, dont je vais vous parler ici. 

Affiche de l'exposition.

Affiche de l’exposition.

Je ne suis pas forcément très objective en ce qui concerne cet architecte car, même si on n’adhère pas à ses méthodes parfois radicales (restaurer un monument dans un état idéal sans forcément respecter la vérité historique de celui-ci peut être franchement discutable et certains monuments ont même dû être dérestaurés, telles l’église Saint-Sernin de Toulouse), je reste admirative du personnage, véritable passionné, connaisseur de l’art médiéval (notamment du gothique) et pédagogue qui laissa une œuvre conséquente (livres, dessins, peintures, correspondances…). L’exposition n’aborde pas particulièrement les multiples restaurations dont il a été responsable durant sa carrière à l’exception des chantiers parisiens de la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame ainsi que le château de Pierrefonds dans l’Oise mais met en lumière les autres aspects de son œuvre, sa façon de travailler et ses influences. Et c’est un aspect que j’ai particulièrement apprécié.  

La première salle de l’exposition le situe dans son époque. C’est le personnage public qui est présenté, avec des portraits de l’artiste et de ses proches (photographies, caricatures, peintures, bustes sculptés) qui retrace son parcours jusqu’à son décès et ses obsèques à Lausanne en septembre 1879. La suite nous emmène sur les pas de ses voyages en France (entre 1831 et 1835) et en Italie (1837 -1837). Il faut savoir que VIOLLET-LE-DUC n’a pas reçu de formation académique en architecture. C’est son oncle DELÉCLUZE qui s’est attaché à lui apporter d’autres expériences, plus pratiques, notamment par le biais des voyages. C’est l’époque du romantisme, incarné par des auteurs comme Victor HUGO, François-René de CHATEAUBRIAND ou encore Prosper MÉRIMÉE (également second inspecteur des Monuments Historiques). C’est la période où le Moyen-âge est redécouvert et VIOLLET-LE-DUC avoue lui-même avoir été plus touché par les monuments médiévaux qu’il a pu découvrir en Italie que par le Parthénon d’Athènes. On peut admirer ses croquis qui, loin d’être de simples relevés précis mais sans âme, sont au contraire de véritables œuvres d’art. Ils sont à la fois précis et saisissent l’essentiel des monuments sans pour autant creuser le moindre détail (il faut les avoir sous les yeux pour comprendre réellement). Ses croquis de la cathédrale de Sienne m’ont particulièrement marqué, notamment parce que, sans même lire la légende, j’ai reconnu au premier coup d’œil le monument que j’ai visité en juillet 2010. Tout ce qui permet de la reconnaître est là, seule la foule est absente. Et je suppose que c’est la même chose pour tous les autres monuments qu’il a croqué. 

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L’intérieur de la cathédrale de Sienne

La suite s’attarde sur les chantiers de la Sainte-Chapelle, de Notre-Dame et de Pierrefonds. On retiendra particulièrement cette maquette de la Sainte-Chapelle réalisée en 1900 par J. BARONNET. Vous pouvez en éclairer l’intérieur et apercevoir la reconstitution de toutes les peintures. C’est un chantier important pour VIOLLET-LE-DUC et il retrouvera la plupart des intervenants sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Le château de Pierrefonds est une commande de Napoléon III. S’il ne l’habitera finalement jamais, c’est l’occasion pour VIOLLET-LE-DUC de recréer un château médiéval idéal, jusqu’au moindre détail ornemental (il a dessiné lui-même une grande partie du décor). On retrouve donc logiquement ses croquis préparatoires. 

Une section, nommée L’architecture, un organisme vivant, aborde sa passion pour la géologie, aspect moins connu mais tout aussi important qui témoigne encore une fois de sa soif de savoir dans tous les domaines.  

Enfin, VIOLLET-LE-DUC était un pédagogue et cet aspect est largement abordé sur la fin de l’exposition. Il est à l’origine du projet du musée de sculpture comparée qui verra le jour trois années après son décès et il a laissé de nombreux ouvrages. Son célèbre dictionnaire raisonné d’architecture n’en n’est qu’une partie. Il a rédigé d’autres ouvrages qui ont également connu un grand succès. Certains d’entre eux sont disponibles à la boutique du musée (en plus du catalogue, je me suis laissée tenter par le fac-similé de la deuxième édition datée de 1887 du titre Comment on construit une maison, et dont vous pouvez trouvez une version Ebook en cliquant ici, mais d’autres titres étaient disponibles).

Pour conclure rapidement, c’est une exposition qui vaut le détour, pour (re)découvrir un architecte qui laisse rarement indifférent. 

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