Maman (1999), l’araignée géante de Louise BOURGEOIS (1911-2010)

Aujourd’hui, je voudrais faire une petite digression par rapport aux sujets habituellement traités jusqu’à présent. Je souhaite en effet aborder une autre facette de ce blog : le focus sur certaines œuvres qui ont pu me marquer et qui me semblent mériter une petite mise en avant.

Louise BOURGEOIS, par Robert MAPPLETHORPE (1982)

Louise BOURGEOIS, par Robert MAPPLETHORPE (1982)

Du 5 mars au 2 juin 2008, le Centre Georges POMPIDOU consacrait une rétrospective à l’artiste Louise BOURGEOIS, la première en France pour cette artiste majeure du XXe siècle. Mon propos n’est pas de vous retranscrire un compte-rendu de l’exposition (que je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir). Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire la présentation de l’évènement sur le site de Beaubourg et cette critique publiée sur le site Rue89 : Les fantasmes de Louise Bourgeois exposés à Beaubourg.

Mon propos se limitera à son œuvre Maman, une araignée géante qui était exposée au Jardin des Tuileries pour la durée de la rétrospective. Cette sculpture monumentale, composée de bronze avec du platine et du nitrate d’argent et haute de plus de neuf mètres, a été réalisée en 1999. C’est une œuvre clé pour la compréhension de l’ensemble de l’œuvre de l’artiste. L’araignée est un motif apparu pour la première fois dans son travail dans les années 1940 et elle y occupa une place prépondérante dans les années quatre-vingt-dix.

Maman (1999)

Maman (1999)

Sa signification est ambivalente : c’est à la fois une mère protectrice et déprédatrice (qui fait des vols, pillages avec dégâts). C’est un hommage à sa mère, restauratrice de tapisseries à Paris et qui ne cessait, telle l’araignée, de réparer ses toiles. L’aspect de la maternité n’est pas négligé : sous l’abdomen, un réceptacle réalisé en fil de fer accueille dix œufs de marbre. La figure même de l’araignée inspire souvent la peur, voire provoque la panique. Et si la figure même de l’araignée inspire souvent la peur, voire provoque la panique, malgré la hauteur imposante de celle-ci, le fait qu’elle tienne en équilibre sur des pattes légères nous donne plutôt une impression de vulnérabilité due à sa stabilité qui semble si précaire.

« L’araignée est une ode à ma mère. Elle était ma meilleure amie. Comme une araignée, ma mère était une tisserande. Ma famille était dans le métier de la restauration de tapisserie et ma mère avait la charge de l’atelier. Comme les araignées, ma mère était très intelligente. Les araignées sont des présences amicales qui dévorent les moustiques. Nous savons que les moustiques propagent les maladies et sont donc indésirables. Par conséquent, les araignées sont bénéfiques et protectrices, comme ma mère. » Louise Bourgeois

  • Communiqué de presse de la Fondation Beyeler pour l’exposition en Suisse de la sculpture.
  • Fiche du musée Guggenheim de Bilbao.
  • Un article présentant plus de photographies de l’œuvre au Jardin des Tuileries et ailleurs.

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