Abbaye de l’Escaladieu, Bonnemazon, Hautes-Pyrénées (65)

L’abbaye de l’Escaladieu est une ancienne abbaye cistercienne, dont le nom vient de l’occitan Escala a Diu, lui-même issu du latin Scala Dei, signifiant « échelle vers Dieu ». Halte importante pour les pèlerins se rendant à Compostelle par le Chemin du Piedmont, son nom est aussi une invitation au repos, l’Escale de Dieu, le repos dans la maison de Dieu.

Scriptorium

C’est un groupe de moines cisterciens venant de l’abbaye de Morimond (Haute-Marne), fille de l’abbaye de Cîteaux, qui fondent l’Escaladieu vers 1142, à proximité du château de Mauvezin, fief des comtes de Bigorre, au confluent du Luz et de l’Arros, sur des terres qui leur ont été cédés par Azenarius, prieur de Sainte-Catherine de Somport.

Bernard de la Barthe sera le premier abbé élu. L’abbaye pourra se développer grâce à l’appui de Béatrix, vicomtesse de Bigorre, et son époux, Pierre, vicomte de Marsan. En raison de sa situation sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, les moines construisent un hospice pour permettre l’accueil des pèlerins de Compostelle (ce qui n’est pas si fréquent pour une abbaye).

Entre 1141 et 1172, la filiation de l’Escaladieu ne compte pas moins de treize maisons, dont deux en Gascogne (Bouillas en 1150 et Flaran en 1151), et les autres en Espagne (Fitero et Monsalud en 1141, Sagramenia en 1142, Veruela en 1146…). Elle participe, en 1274, à la fondation de la bastide de Masseube avec le vicomte d’Astarac, Bernard IV. Les moines, aidés des frères convers, assurent le défrichement des Barronies et de la région alentour. Leur domaine va ainsi rapidement s’étendre. Cette expansion se termine au XIVe siècle. Entre le XIIe et le XVe siècle, elle sera la sépulture des comtes de Bigorre.

Mais sa richesse lui sera aussi préjudiciable. Au XVIe siècle, elle connait une période troublée par le brigandage. Elle est pillée et incendiée en 1518, saccagée en 1532. Pendant les guerres de religion, elle sera assiégée par trois fois par les troupes protestantes du comte de Montgomery et elle subira des destructions importantes, notamment sur le chevet de l’abbatiale, le porche (ou narthex), le bâtiment des convers qui ne seront jamais reconstruits.

À partir du XVIIe siècle, le premier étage du bâtiment des moines est rebâti selon une symétrie très classique. On restaure également la toiture de l’abbatiale, l’hôtellerie de l’entrée, le cloître, les ateliers et le vivier. La ferme, aujourd’hui détruite, est également construite à cette époque. Dès lors, et jusqu’à la Révolution, l’abbaye connaît une vie paisible.

Elle est vendue comme bien national le 2 mars 1793 aux sieurs Amand, Dubernet et Nairac et sera transformée en rendez-vous de chasse. Elle reste entre les mains des privés jusqu’en 1986 date à laquelle elle devient propriété de l’association Rencontres de Escaladieu qui fait les premiers travaux de restauration. L’abbaye est rachetée en 1997 par le Conseil général des Hautes-Pyrénées et elle est aujourd’hui ouverte au public.

Les informations sont tirées à la fois de la page Wikipédia de l’abbaye et surtout, du plan de visite disponible à l’abbaye qui offre également une description précise des différents bâtiments de l’abbaye.

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