Le Transformateur de Saint-Nicolas de Redon, Loire-Atlantique (44)

Le Transformateur est un lieu d’expérimentation ou l’association des amis du Transformateur teste, avec le public, la reconquête des friches industrielles et agricoles du quartier de la Digue à Saint-Nicolas-de-Redon. La reconquête naturelle, moteur magique et méconnu, assure l’animation des lieux et guide l’aménagement des lieux, devenant peu à peu un parc agricole. L’association travaille pour y développer les richesses biologiques et échanger les savoir-faire rustiques.

Entrée du site du Transformateur en octobre 2010

Au Transformateur, la règle est simple : faire, ensemble, avec tout ce qu’il y a sur place. Toute chose peut-être une matière première :

  • un tas de remblais remanié devient une prairie,
  • le bois (sous différentes formes) se décompose et constitue le sol d’une forêt sur dalle en béton,
  • un tas de souche devient une garenne à lapins,
  • un vieux chêne devient un banc, …

Les lieux marqués par le temps et l’industrie, vivent aujourd’hui au rythme d’une reconquête originale et raisonnée. Le parc accueille de nombreuses activités pédagogiques, rencontres et devient, bien sûr, le point de départ idéal pour découvrir les vastes prés-marais de Vilaine, à deux pas du centre-ville de Redon.

Stéphane BOUCHEREAU, qui nous a reçus sur le site, est le coordinateur et l’animateur de l’association des amis du transformateur, qui gère le site depuis sa création en 2000.

Le terrain, qui est classé espace naturel sensible, appartient au Conseil Général de Loire Atlantique. Avant son occupation humaine, c’était des marais. Aujourd’hui, la végétation est à nouveau privilégiée sur la dalle.

Trois associations occupent les locaux et le terrain du Transformateur. En septembre 2010, des stagiaires suivant une formation à l’éco-construction mettent en pratique leurs acquis sur une partie du terrain mis à disposition par le Conseil Général.

Lors de la récupération du site par le Conseil Général, deux objectifs ont été définis :

  • Maîtrise de la circulation hydraulique : des digues ont été réalisées par les élèves de l’école de Paysage de Versailles avec des matériaux présents sur place.
  • Reconquête naturelle du site, étude de la biodiversité.

Au départ, le Conseil Général voulait tout raser pour récupérer le site. Mais finalement, le Transformateur (nom donné par les étudiants de Versailles) est devenu le lieu d’une réflexion sur l’usage du site. La seule règle architecturale à respecter est qu’on n’introduit rien, on ne fait rien sortir. Tout doit être fait avec les matériaux, les objets qui sont déjà sur place :

« Le Transformateur ne perd rien et crée en transformant tout. »

Le bâtiment de l’entrée aurait pu être le local de l’association mais lors du rachat du site, il était déjà squatté depuis dix ans. Le fait qu’il y ait autant de passage ne plaisait pas aux élus qui ont souhaité le rendre inhabitable. Mais cela n’a pas été fait n’importe comment. Ce sont les étudiants à l’école d’architecture de Rennes qui s’en sont occupés en 2006. Le premier étage a été détruit, le rez-de-chaussée remplis des gravats généré par cette destruction et le rendant ainsi non inondable. La non-évacuation des matériaux permet de rester dans la démarche du Transformateur.

La principale contrainte sur le site consiste à le sécuriser afin de permettre une ouverture au public dès 2014 (soit dix ans après son classement en espace naturel sensible). Ainsi, les côtés de l’escalier – réalisé avec des radiateurs – qui permet d’accéder au rez-de-chaussée ont été remblayés avec des gravats des deux côtés afin de répondre aux « normes » d’accessibilité.

Le Podium :

Ce bâtiment était en bon état également au départ mais il y a là aussi eu la volonté de le rendre inhabitable. Le premier étage a été déconstruit puis l’édifice est devenu un « caisson », réceptacle pour tous les déchets inertes du site. Il y en a plusieurs tonnes à l’intérieur. Les murs ont été renforcés à l’aide de câbles et de pneus à l’intérieur. L’escalier a été démonté pour des raisons de sécurité. A terme, ce bâtiment finira probablement par s’effondrer. Peut-être tout seul, peut-être qu’on l’y aidera à l’aide de bulldozers.

La dalle minérale :

La dalle fait 5,5 hectares. Le but est de traiter la surface en tant que pairie. Elle fait donc l’objet de fauchages afin d’éviter que trop d’arbres ne poussent dessus. Les vaches de l’association jouent également un rôle pour la régulation de la végétation.

La dalle minérale.

La Grande Halle :

Le grand bâtiment central, probablement l’ancienne corderie du port de Redon, est le seul pour lequel il y a réellement une volonté de le garder et, si ce n’est de le restaurer, au moins de respecter les normes d’accueil du public. Celui-ci offre en effet un espace couvert de 2500m2, ce qui est considérable.

Le 1er mai 2010, la Nocturne du Transformateur a attiré 350 à 400 personnes pour assister à des performances d’artistes.

En raison du classement en espace naturel sensible, il est possible de conserver les bâtiments existant, mais pas de construire.

La machine à vapeur présente sur le site a fonctionné de sa mise en service en 1909 jusqu’en 1991. Elle a été restaurée mais pillée par la suite.

Intérieur de la grande halle.

La forêt de la SiB :

La charpente de ce grand bâtiment était trop abîmée et cet état rendait impossible l’accueil du public. On y a entreposé les déchets de bois et on laisse la végétation reprendre dedans. Quelques ouvertures dans les murs ainsi qu’un escalier et une passerelle permettent d’observer l’intérieur de ce bâtiment.

Intérieur de la Forêt de la SIB

De mars à août 2010, un étudiant stagiaire en master 2 d’écologie est venu faire un inventaire de la flore que l’on trouve sur le site. Il est intéressant de voir quel type de végétation se développe à tel ou tel endroit du site, suivant que les vaches y aient accès ou non ou que l’on fauche tout les ans par exemple.

Dans la partie non accessibles aux vaches se trouve un bâtiment tout en hauteur. Peut-être deviendra-t-il un belvédère. Pour le moment, il est laissé en l’état et on y entasse des déchets inertes, en attendant un nouveau projet.

Un jardin collectif est entretenu par les membres de l’association. Les récoltes sont partagées pour moitié entre les jardiniers et l’association qui s’en sert dans le cadre des repas qu’elle peut organiser ou bien en fait des surgelés ou des conserves. Ce jardin est un peu la porte d’entrée de l’association, beaucoup de gens la découvre grâce à lui.

L’association des Amis du Transformateur est financée grâce à la petite centaine d’adhérents (dont la cotisation annuelle est au minimum de 15€) et par le Conseil Général qui attribue 25 000€ par an. La ville aide l’association en nature : elle paye le logement, l’eau et l’électricité, si besoin, elle peut mettre à disposition un tractopelle avec chauffeur pour la journée…

Le site officiel des Amis du Transformateur

Cliquez sur la photo pour retrouver l’ensemble de la galerie

2 Replies to “Le Transformateur de Saint-Nicolas de Redon, Loire-Atlantique (44)”

  1. Bonjour Elisa,

    Si je peux me permettre, il y a quelque petites erreurs dans ton article.

    Par exemple, tu dis que « Stéphane est coordinateur depuis la création du site en 2005 ». Cependant, le site ENS a été créé en 2000 mais l’association est arrivée 2005.

    Tu dis aussi « un tas de remblais remanié devient une prairie pour camper, ». Sachant que c’est un ENS il est interdit d’y camper sauf avec l’autorisation du CG44.

    De plus, « Aujourd’hui, la végétation qui est privilégiée sur la dalle est presque exclusivement celle qu’on trouve dans ce milieu ( pré marais). » Nous avons sur la dalle une végétation pionnière mais surement pas spécifique au pré marais.

    Pour finir, les murs de la grande Halle ont été enlevés pour raison de sécurité et un mur végétal est actuellement en place.

    N’hésites pas à nous contacter pour d’éventuelles questions.
    Cordialement

    Chloé ( stagiaire au Amis du Transformateur)

    PS : Merci pour ton article.

    1. Bonjour,

      Merci pour les corrections. En effet, j’ai écris tout cela d’après mes notes prises sur le terrain et je n’étais pas à l’abri d’erreurs de compréhension / d’interprétation, tes remarques sont donc les bienvenues. Je vais corriger ça.

      Pour l’enlèvement des murs de la Grande Halle, de quand date-il ? Ma visite remonte maintenant à fin septembre 2011 et je souhaiterai juste faire apparaître l’information sous forme d’une mise à jour claire dans l’article, étant donné que ce n’était pas le cas lors de mon passage.

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