Collégiale Saint-Vulfran, Abbeville, Somme (80)

De passage à Abbeville en mai dernier, mon temps est compté dans cette petite ville aux portes de la Baie de Somme. Je me contente donc de visiter la collégiale de Saint-Vulfran*, mais quel édifice ! C’est le joyau gothique de la cité, qui appartient aujourd’hui à la commune.

Détail de la façade

Les origines de la collégiale sont à aller chercher au XIe siècle, lorsque les reliques de Saint-Vulfran furent rapportées par le comte de Ponthieu à Abbeville, qui était alors leur capitale. La construction de l’édifice actuel débuta en 1488 après qu’on eut assécher les fonds marécageux. Façade et nef sont d’abord construites dans le style gothique flamboyant alors en vogue à cette époque. La finesse de la rose, les deux tours symétriques surmontées à cinquante-cinq mètres de haut de tours de guet, la richesse des décorations et des sculptures qui ornent les trois portails témoignent de la richesse et de la prospérité d’Abbeville au XVe siècle.

La première messe est célébrée dans une chapelle latérale en 1524 mais par manque de fonds, le chantier s’interrompit en 1539 alors que l’église n’a pas de chœur. La construction ne reprit que plus de cent vingt ans plus tard, en 1661 et le chœur s’éleva enfin. En 1663, Saint-Vulfran est enfin achevée, ou presque. Car aujourd’hui, la partie qui semble être détruite est en réalité le début d’un chantier qui resta inachevé faute de fonds suffisant pour être mené à bien.

En 1793, l’église devient temple de la Vérité et de la Raison. Après le Concordat, le culte catholique y est rétabli. En 1840, le bâtiment est inclus dans les premières listes des monuments historiques.
En mai 1940, sous les bombes allemandes, un incendie noie la ville et détruit la collégiale. Seules les tours et la façade subsistent ainsi que le début de la nef. La voûte s’est effondrée. La restauration ne prendra fin qu’en 1998.

L’impression de hauteur qui se dégage de l’édifice est frappante dès l’instant où l’on y pénètre. En effet, la hauteur sous voûte est de trente-et-un mètres alors que la largeur n’est que de trente-sept mètres. Cette impression est renforcée par l’absence de chapiteaux sur les colonnes ainsi que par les deux rangées de vitraux aux teintes bleutées de William EINTEN.

Pour rédiger cet article, j’ai repris les informations sur plusieurs sites qui proposent une documentation abondante sur Saint-Vulfran, à commencer par celui de Patrimoine-histoire, particulièrement bien documenté et abondamment illustré et que je ne peux que vivement vous conseiller de visiter si vous souhaitez en savoir plus. Le site de Je découvre la France divulguent quelques informations complémentaires, tout comme celui de Tourist Clic où l’on peut lire un extrait de texte écrit par John RUSKINS, écrivain britannique, Les Jardins du Temps, le site de la ville d’Abbeville, celui de la Baie des artistes et enfin, un autre consacré à Saint-Vulfran. Finalement, avec toutes ces sources, la page Wikipédia consacrée à l’édifice fait bien pâle figure et l’on y trouve surtout le résumé des informations trouvées ailleurs.

*Ou Wulfran, du saint auquel elle est dédicacée, Saint Wulfran de Fontenelle, né vers 650 à Milly, dans le Gâtinais (Seine-et-Marne, 77), seigneur à la cour de Clotaire III, abbé de Fontenelle, archevêque de Sens en 682, évangélisateur de la Frise. Il mourut en 720 à l’abbaye de Saint-Wandrille en Normandie.

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